Tout ce que vous devez savoir : Recherche-action de HIC sur les réalisations de la société civile pour influencer les politiques publiques

La publication de la Recherche pour l’Action (RA) de HIC intitulée ”Comprendre la nature, l’efficacité et les leçons des stratégies de la société civile pour influencer les politiques” a été lancée le 27 mai 2021 lors d’un débat avec certaines des organisations figurant dans cette publication. À travers des expériences réelles d’organisations et de mouvements sociaux d’Afrique, d’Amérique latine et d’Europe, cette recherche met en lumière la manière dont les citoyen-ne-s et les mouvements sociaux font progresser les programmes politiques grâce à leurs stratégies et à leurs efforts inlassables.

Le lancement a permis d’être à l’écoute de plusieurs protagonistes d’organisations engagées dans ce travail. Les intervenant-e-s ont évoqué la diversité des cas documentés dans la publication, des histoires qui racontent l’effort énorme et continu des acteurs de la société civile pour influencer les politiques publiques en faveur des droits de l’homme liés à l’habitat et au droit à la ville.

Comment cette recherche a-t-elle vu le jour ?

Les prémices de ce projet remontent à 2017, lorsque le Secrétariat Général de HIC a obtenu le soutien de la Fondation Charles Léopold Mayer pour le Progrès de l’Homme (FPH) et de Misereor pour poursuivre cette recherche, approfondissant ainsi un objectif principal de HIC, à savoir l’apprentissage entre les régions.

Bon nombre des récits présentés dans la publication proviennent de communautés de base, d’organisations qui ne sont pas homologuées en tant qu’entités mais sont plutôt des communautés auto-organisées qui défendent leurs droits.  L’idée initiale était de rendre visibles les cas des Adhérent-e-s de HIC, mais il y avait aussi une stratégie consistant à contacter des partenaires dans certaines régions qui pourraient partager les stratégies de la société civile pour influencer les politiques publiques en faveur des droits de l’homme.

Dès le début du projet, l’intention était de travailler sur des cas d’Afrique et d’Amérique latine. En outre, il a été décidé de présenter un chapitre européen, afin d’élargir la diversité géographique et de montrer, en même temps, que les luttes, bien que différentes dans leurs objectifs et leur méthodologie, se déroulent dans toutes les régions et à tous les niveaux. Dans chacun des continents représentés, il existe un certain nombre de défis et les organisations les relèvent en influençant les politiques publiques. Cette publication met en lumière ces stratégies et la manière dont elles interagissent avec les gouvernements locaux et, dans certains cas, régionaux.

L’importance de partager les expériences afin d’inverser les pouvoirs qui s’approprient la terre et le territoire

Les présentations ont fait écho à l’importance du partage sur les luttes entre différentes régions, des luttes provenant de différentes parties du monde qui montrent qu’il s’agit véritablement d’une lutte mondiale pour les droits de l‘homme liés à l’habitat. Comment inverser les processus d’appropriation des terres et des territoires par des puissances privées ? A qui appartient la terre ? Les intervenant-e-s ont souligné le rôle des institutions locales, nationales, régionales et internationales dans l’accomplissement de la fonction sociale de la terre. Pour les mouvements et organisations engagés dans la lutte pour des causes locales, il est difficile de savoir ce qui se passe ailleurs, même si cela peut servir d’inspiration. Comment influencer les politiques publiques ? Quelles propositions avons-nous ? Il est important que ce type de publication rende visible les mouvements forts  et organisations solides qui défendent déjà les droits de l’homme, que dans certains cas, lorsque les gouvernements locaux sont plus bienveillants envers la société civile, des progrès peuvent être réalisés. Cependant, dans d’autres cas où le gouvernement ne veut pas collaborer, il existe des stratégies de confrontation, de visibilité internationale et de dénonciation, comme le stipulent nos ami-e-s dans la section Afrique de la recherche pour l’action. 

Pourquoi doit-on lire cette publication ?

1) Selon les termes d’Adriana Allen, Présidente de HIC, le livre représente un exemple unique de ce que sont les “connaissances exploitables” : des connaissances qui nous aident réellement à devenir plus efficaces pour apporter des changements significatifs.  La pertinence et l’efficacité permettent de vérifier cette connaissance “actionnable”. Le débat a montré que cette publication élargit le répertoire d’outils dont nous disposons pour aborder des luttes vraiment profondes. En tant que société civile, nous avons un rôle qui n’est pas simplement relégué à l’État pour mettre en œuvre des politiques. La société civile s’organise pour défier de manière très puissante le rôle de l’Etat dans la mise en œuvre des politiques.

2) La perspective historique : le livre célèbre l’histoire.  Les changements historiques transformateurs ne se produisent pas en un instant, ils doivent être travaillés, développés et traités sur une longue période de temps. Le livre permet la construction d’une mémoire collective, d’où nous venons, quelles étaient les continuités et les discontinuités qui ont rendu possible un présent et un avenir meilleurs.

3) Une autre qualité de la publication est qu’elle célèbre la possibilité d’un apprentissage transrégional, une fenêtre ouverte pour voir les éléments communs des luttes à échelle mondiale, pour apprendre des autres régions et d’autres expériences, et connaître aussi les éléments communs qui se répètent dans la façon dont les mouvements dans les différentes régions abordent ces luttes.

4) La manière dont la publication adopte un cadre normatif très efficace: la publication nous montre l’importance d’intégrer différents cadres normatifs, le changement qu’apporte la complémentarité de la perspective des droits de l’homme et du droit à la ville.

Quelle est la prochaine étape ?

Cette publication se veut un document vivant, qui peut intégrer d’autres histoires afin d’inspirer les luttes menées ailleurs et de garantir que les droits acquis sont maintenus et peuvent être gagnés dans d’autres régions.

En outre, l’esprit d’apprentissage se poursuit au cours des prochains mois au sein de HIC au moyen des espaces de co-apprentissage avec les Adhérent-e-s et les partenaires .

Ces espaces de co-apprentissage se concentreront sur :

  • Les approches féministes de l’habitat  (août – novembre 2021) 
  • Les droits fonciers (septembre – décembre 2021)  
  • Le plaidoyer à de multiples niveaux (octobre 2021 – janvier 2022)

Il s’agira de rencontres interrégionales en plusieurs sessions où les Adhérent-e-s, Ami-e-s et Partenaires de HIC intéressé-e-s pourront générer et multiplier les pratiques d’apprentissage émancipatrices basées sur les droits de l’homme liés  à l’habitat. Ces espaces ont pour but de contribuer à la consolidation de la force sociale et de la capacité de HIC et de ses Adhérent-e-s à avoir un impact sur le progrès et l’intégration du genre et des droits de l’homme liés à l’habitat dans notre travail individuel et collectif.

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