Une cinquantaine de tentes alignées et identiques ont été installées le long du canal Saint-Martin. Par cette initiative, le collectif Les Enfants de Don Quichotte espère attirer l’attention sur le sort des SDF à l’approche de l’hiver. Par solidarité, des “bien-logés” ont passé la nuit dans ces habitations éphémères en compagnie de sans-abri. Depuis le début de l’automne, au moins trois SDF auraient déjà succombé au froid. Quant à ceux qui s’abritent dans des tentes à Paris, ils continuent à être évacués ou menacés de l’être.
D’une autre part, trois organisations: Droit Au Logement, les «Jeudis noirs» et les «Macaq», ont réquisitionné un immeuble vide appartenant à une compagnie financière, dans le centre de Paris le 1er janvier 2007. L”occupation de cet immeuble de 1000 métre carrés à pour double objectifs: Loger et reloger dans l’attente d’un logement durable des familles expulsées, chassées par la pression de la spéculation immobilière, mais aussi des étudiants, des artistes, et, c’est plus nouveau, des jeunes salariés, eux aussi frappés par la hausse incontrôlée des loyers et de l’immobilier et, aussi organiser des actions et des initiatives pour contrer le mal logement et la pénurie et faire de ce lieu un véritable “QG associatifcontre la crise du logement”, rassembleur, ouvert, pragmatique et militant.
Ces événements ont mis en lumière l’intolérable crise du logement à Paris et dans le pays. Les dispositifs annoncés par le gouvernement, tout comme le projet de loi sur «l’habitat pour tous» ne répondent pas aux enjeux et aux défis posés aujourd’hui pour le problème du logement.
Les premières exigences s’adressent à l’État qui doit prendre ses responsabilités. Les enfants de Don Quichotte ont soutenus des réunions avec ministre déléguée à la Cohésion sociale Catherine Vautrin, qui assure de que le gouvernement fait le maximum pour aider les sans-abri. D’autre part, Augustin Legrand, porte-parole et l’un des fondateurs de l’association, a annoncé qu’il interrompait la grève de la faim entamée la veille avec un autre militant, Pascal Oumkhlous, afin de rester en forme pour continuer la lutte. “Si j’avais continué, il y avait 50, 90 SDF dans le camp qui étaient prêts à me suivre et à commencer une grève de la faim aussi (…) Ils m’ont dit ‘Tu radicalises (le mouvement), nous aussi, on se met en grève de la faim’. Ce n’était pas possible, on se fragiliserait trop”, a-t-il expliqué en précisant toutefois que la grève de la faim était toujours observée par M. Oumkhlous, 36 ans, rejoint mardi par deux autres militants. M. Legrand a souhaité “que les partis politiques se saisissent de cela” afin que l'”on sorte de (l’action dans) l’urgence” pour “travailler sur la longue durée”.
Le résultat a été l’élaboration d’une Charte du Canal Saint Martin qui demande la création de logements d’urgence pendant les 24 heures tout comme une solution durable au problème du logement devenue un article de luxe à Paris. “Nous avons regardé leur charte”, a déclaré mardi Mme Vautrin. “Nous avons également pris point par point l’action du gouvernement parce que, finalement, le constat nous le connaissons. Et l’association a reconnu que le gouvernement depuis 2002 a fait beaucoup de choses. Nous avons créé des places d’urgence. Il y a eu 30% d’augmentation de places, c’est-à-dire que nous avons créé 30.000 places supplémentaires”, a poursuivi la ministre.
Evoquant la question de l’hébergement de stabilisation, elle a indiqué qu’il y a aujourd’hui en région parisienne 800 places et qu’il y en aura 1.100 en mars prochain. “C’est clairement le sujet sur lequel nous pouvons avancer parce que c’est effectivement par l’hébergement de stabilisation que nous avons mis en place que nous apportons des solutions non seulement d’hébergement, mais surtout d’accompagnement pour sortir de l’exclusion”. Néanmoins les mesures adoptées par le gouvernement ne sont pas suffisants pour faire face au problème du logement que dans les dernières années a subi des fortes augmentations.
Les mesures préconisées par les Enfants de Don Quichotte sont globalement les mêmes que celles mentionnées dans la pétition nationale pour la création rapide de “places d’hébergements durables et adaptés aux besoins réels des personnes à la rue” lancée jeudi dernier par Médecins du Monde, à l’origine de la distribution controversée de quelque 400 tentes aux SDF de Paris en un an.
L’association Les Enfants de Don Quichotte, qui a installé des tentes au bord du canal Saint-Martin à Paris pour attirer l’attention sur le sort des sans-abri, a réaffirmé mardi qu’elle poursuivait son mouvement. La
Reçue par Mme Vautrin en milieu d’après-midi, une délégation de la jeune association a défendu la “charte” qu’elle a publiée en faveur des SDF, réclamant notamment “la mise en oeuvre immédiate de mesures permettant l’accès de tous à un logement décent” et, en attendant, à un hébergement permanent. L’organisation, qui affirme avoir rédigé sa charte avec la participation d’autres organisations luttant contre la précarité, a monté plus d’une centaine de petites tentes rouges et noires frappées des lettres SDF peintes en blanc le long du canal Saint-Martin, dans le Xe arrondissement de la capitale, invitant les Parisiens à passer une nuit ou plus sous la toile pour les sensibiliser aux conditions de vie des sans-logis.