Comment apprendre à consolider de manière transrégionale notre force de plaidoyer collectif en termes d’approches féministes de l’habitat ?

Ilustración de Pilar Emitxin

 

Cette question était au cœur de la première session d’une série d’espaces de co-apprentissage de HIC, qui a réuni pendant six mois une équipe du SG de HIC et des bureaux régionaux, le programme KNOW, et, surtout, un groupe dévoué et expérimenté de six facilitateursžtrices des régions d’Afrique, du Moyen Orient/Afrique du Nord et d’Amérique latine: Marina Khamal (Social Democratic Forum, Yémen), Mara Nazar (CISCSA, Argentine), Andrea Casabuono (Habitar, Argentine), Diana Wachira (Pamoja Trust, Kenya), Eliane Silvie Mfomou (CONGEH, Cameroun) et Hazem Abdallah (Dibeen Association for Environmental Development, Jordanie).

Le co-apprentissage a été mis en pratique par le biais d’un processus de conception, de planification et de mise en œuvre d’un cours virtuel d’un mois sur les approches féministes de l’habitat. Il s’agit d’un processus stimulant et enrichissant où chacun-e a été un-e apprenant-e, où chacun-e a apporté des compétences utiles, des connaissances et des expériences, et où les relations tissées entre l’équipe de soutien, les animateurs-trices et les participant-es ont été au cœur de la pédagogie et du contenu du cours élaboré.

Au cours du mois de février, 81 Adhérent-es, Ami-es et Allié-es de HIC ont participé à 4 sessions au cours desquelles nous avons appris ensemble l’histoire locale, régionale et mondiale des luttes féministes, des violences et des inégalités, du care (le travail de soins) et autres travaux, et des stratégies de plaidoyer féministes. Les sessions ont été stimulées par 14 présentations de contributions de sept pays, apportant des différents concepts clés et expériences à l’espace virtuel ; elles ont été soutenues par des interprètes en arabe, français, anglais et espagnol, ainsi que par une illustratrice ; et, au cœur de l’événement, elles ont été animées par les discussions virtuelles et les contributions des participant-es et des animateurs-trices sur Zoom et sur Google Classroom. Des réflexions plus approfondies émergent de cet espace de co-apprentissage au fur et à mesure que nous consolidons ses ressources dans des podcasts et sur un site web. Pour l’instant, partageons deux premiers points forts.

  • Le co-apprentissage a été un moteur pour collectiviser les luttes féministes ainsi que les stratégies pour les aborder de différentes manières. D’une part, les dix réunions de planification, les quatre ateliers de consolidation de capacités et les nombreux échanges de courriels ont permis d’établir et d’entretenir des relations interrégionales entre les animateurs. D’autre part, l’espace de co-apprentissage a donné naissance à un groupe de travail interrégional de HIC sur la justice de genre, qui cherche à mobiliser les Adhérent-es et à faire le plaidoyer des questions discutées dans l’espace de co-apprentissage.
  • Bien que le HIC dispose de plusieurs groupes de travail régionaux sur les questions féministes, ainsi que d’une riche histoire de facilitation d’échanges de connaissances, le co-apprentissage dans un espace virtuel a apporté des qualités différentes: sa portée accrue a donné de la visibilité aux contributions des Adhérent-es et des expériences qui n’auraient eu que peu d’occasions de partager ainsi que de relier leurs connaissances et leurs réflexions dans les espaces précédents; la facilitation collective et la multiplicité des voix dans les sessions ont également contribué à générer un environnement d’apprentissage diversifié et horizontal, permettant d’établir des connexions (inattendues).

Pour conclure, voici les commentaires de l’une des participantes, Luz Amparo Sánchez (Corporación Región)

Je crois que les voix en dialogue des continents et des territoires qui ont été marginalisés par le monde académique occidental, et le rôle respectueux et de soutien des professionnelžles de HIC, représentent une contribution politique et épistémologique… C’est comme si l’épistémologie du Sud dont nous avons rêvé, et que nous avons même théorisée, devenait une réalité.

Il est frappant qu’une femme d’Afrique, qui traite de questions aussi complexes que la discrimination à l’égard des femmes et la dépossession des terres dans son pays, pose des questions sur le handicap en Colombie, ou que la militante trans perçoive et mette en pause son intervention pour parler de la langue comme d’une très dure problématique qui exige des efforts sociaux importants de la part des deux collectivités (personnes handicapées et personnes trans).

 

Merci à tous-tes pour leurs contributions à cet espace.

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